« Est-ce que je vais devoir vivre avec cette anxiété toute ma vie ? » : si tu t’es déjà posé cette question et que ton anxiété te bouffe la vie, sache que tu es loin d’être la seule. Et que je me la suis posée aussi !
Car les manifestations de l’anxiété peuvent être tellement violentes (ajoutées au fait que quand on en souffre, on se sent extrêmement seule et incomprise), qu’elle peut nous faire croire qu’on est piégée.
Alors je te rassure de suite : oui, on peut se libérer de l’anxiété. Oui, on peut vivre autrement.
Et c’est loin d’être uniquement une question de volonté.
Parce que si tu es là, c’est très certainement parce que tu as déjà essayé pas mal de choses et que ça n’a pas marché, ou pas longtemps. Je le sais parce que j’ai fait exactement comme toi. Et que moi aussi, j’avais l’impression d’être piégée à vie dans cette anxiété. Et j’en ai essayé, des choses… Mais elle finissait toujours par revenir. Un peu comme avec les régimes et l’effet yoyo !
Et après, je me sentais encore plus mal, frustrée, et encore plus anxieuse…
C’est pourquoi je vais t’expliquer ici pourquoi ça ne marche pas ou pas assez, ce qu’il se passe exactement en toi et comment tu peux faire autrement pour te libérer de ton anxiété.
Pourquoi l’anxiété ne disparait pas juste avec la pensée ?
Lorsque tu te sens envahie par l’anxiété, il est tentant de penser que la solution réside simplement dans un changement de pensées.
D’ailleurs, on te le confirme souvent : « Arrête de te prendre la tête !», « Pense à des choses positives ! », « Fais de la méditation »
Alors oui, ces conseils partent d’une bonne intention. Mais si c’était aussi simple… tu n’aurais pas ce problème.
En réalité, l’anxiété n’est pas seulement une question de mental, mais une réaction du corps. Cette réaction se déclenche dans ton système nerveux, et pour mieux comprendre pourquoi il est si difficile de « régler » l’anxiété par la pensée seule, il est intéressant d’explorer les principes de la théorie polyvagale.
Comment fonctionne ton corps ?
Dans ton corps, tu as un système nerveux autonome qui s’occupe de tes fonctions corporelles automatiques, comme ton rythme cardiaque, ta température corporelle, ta digestion, ta respiration, etc…
Et d’ailleurs, heureusement : imagine si on devait réfléchir pour digérer ! 😂
Ce système nerveux autonome fait tout ça pour te maintenir en vie.
Et pour savoir s’il doit agir ou pas, il scrute en permanence ton environnement à la recherche de signaux de sécurité ou de danger. Et en fonction de ce qu’il perçoit comme signaux, il agit (toujours pour te protéger).
Pour agir, il a 3 réponses générales :
- « En sécurité » : tout est ok, tu te sens calme, détendue, tu peux interagir sereinement avec les autres, ton corps est détendu, ton cœur bat lentement, ta respiration est régulière, etc…
Exemple : tu es en vacances, sur la plage, tu fais bronzette, tu papotes, il fait beau mais pas trop chaud, tu te sens bien, détendue, souriante.
- « Danger » : quand ton système perçoit un danger, il prépare ton corps à l’action. Ton cœur s’accélère, ta respiration devient plus rapide, tes muscles se tendent. Cette réaction est là pour te permettre soit de fuir un danger, soit de te défendre.
Exemple : l’eau est montée tout d’un coup, ta serviette est trempée et tu dois vite t’activer por récupérer toutes tes affaires et mettre tes enfants à l’abri.
- « Effondrement » : quand ton système détecte que le danger est si grand que tu ne peux pas te battre ou fuir, il t’immobilise. Tu ne peux plus rien faire.
Exemple : tu lèves les yeux, et finalement, c’est une vague de plusieurs dizaines de mètres de haut qui se dirige tout droit sur la plage. Tu es tétanisée sur place.
Ton système nerveux autonome fait tout ça automatiquement, sans que tu y penses.
Quand il est flexible et fluide, il passe régulièrement d’un état à un autre tout au long de tes journées. Il se régule tout seul.
Ces 3 états travaillent donc ensemble pour te protéger, et ils ont chacun leur utilité.
Ok, alors où est le problème ?
Malheureusement, certains événements peuvent empêcher le système nerveux de fonctionner de manière fluide et flexible. Et à ce moment-là, le corps reste bloqué dans l’un de ces états. La régulation ne se fait pas.
C’est ce que provoquent par exemple les traumatismes (suite à un événement unique ou par répétition de petites blessures) ou le stress chronique.
Un traumatisme, c’est un événement que tu as vécu seule, et dont l’intensité a dépassé les capacités de ton cerveau de le traiter à ce moment-là (c’était TROP). C’est pour ça qu’un traumatisme, ça peut être quelque chose qui paraît très grave (accident ou décès par exemple), mais aussi des choses qui paraissent moins « graves » (sensation de ne pas avoir été aimé, ne pas avoir été soutenue, répétitions de sensation de rejet, rupture amoureuse, etc…).
Dans ce cas, le système nerveux se bloque en mode « Alerte ! Danger ! Danger ! », même si tu es en sécurité.
Précision importante : il n’est bon d’être bloquée dans aucun état.
Parce que je te vois venir, tu vas me dire « Oui, c’est pas cool d’être bloquée en mode « Danger » ou « Effondrement », mais ça doit être pas mal d’être bloquée en mode « Sécurité » ! »
La réponse est non, absolument pas.
Si tu es bloquée dans ce mode, tu n’es alors pas capable de te mobiliser et d’échapper à des dangers (qu’ils soient physiques ou sociaux : tu n’es pas non plus capable de faire respecter tes limites ou d’exprimer tes besoins, par exemple).
Quel est le rapport avec mon anxiété ?
Quand tu souffres d’anxiété chronique, c’est parce que ton système nerveux autonome a envoyé des signaux « Alerte ! Danger ! Danger ! » et qu’il est resté bloqué dans ce mode.
Du coup, même si tu fais plein de choses avec ton cerveau pour y remédier (exemples : méditation, pensée positive, écriture, etc…), ton corps, lui, te dit toujours qu’il y a du danger.
Donc OUI, ces outils fonctionnent, et même très bien, mais il faut D’ABORD que ton système nerveux soit sorti de ce blocage en mode alerte pour pouvoir les accueillir et les mettre à profit.
Il faut D’ABORD que ton système nerveux autonome retrouve sa souplesse et sa capacité à passer d’un mode à un autre en fonction de tes besoins.
D’ailleurs, il faut savoir que 80% des informations circulent du bas vers le haut, de ton corps vers ton cerveau. Et seulement 20% vont du cerveau vers le corps.
Donc tant que ces 80% indiquent un danger, tu peux toujours essayer de les rassurer avec les 20% restants, cela ne fera pas le poids !
La bonne nouvelle dans tout ça, c’est que du coup, ton anxiété n’est pas une fatalité : si ton système nerveux peut se bloquer, alors il peut aussi se débloquer.
Mais pour ça, il faut arrêter d’essayer uniquement (ou en premier) de la « gérer » avec la tête.
Il faut repasser par le corps pour réapprendre à ton système nerveux qu’il est en sécurité.
On peut se libérer de l’anxiété, mais pas n’importe comment.
Mon expérience
Ayant été bloquée dans ma vie pendant des années par mon anxiété, je connais les souffrances et les blocages que cela peut entraîner.
En ce qui me concerne, j’ai longtemps été bloquée en mode « Immobilisé ».
Mon corps me disait en permanence que j’étais en danger et me tétanisait sur place.
Alors que ma tête me disait « Mais pourquoi ? Tout va bien ! Tu es en sécurité ! ».
J’avais l’impression de devenir folle, de me faire des films et surtout, que personne ne me comprenait.
Je me réveillais subitement toutes les nuits en panique, avec le cœur battant à 8000 et en tremblant de partout. Je croyais que mon cœur allait lâcher et que j’allais mourir. Et bien sûr, après un tel réveil, impossible de me rendormir.
Moi qui ai besoin de beaucoup d’heures de sommeil, je te laisse imaginer dans quel état j’étais.
Et ça, c’était la nuit, je ne te parle même pas de mes journées…
Bref, tout ça pour t’expliquer que oui, aujourd’hui, je me suis libérée de mon anxiété, et qu’il est très important pour moi d’accompagner les femmes pour qu’elles s’en libèrent à leur tour, parce que je sais ce que ça fait, je sais qu’on a l’impression qu’on va mourir. Et vraiment, je ne le souhaite à personne.
Précision importante ! Quand je te dis que je me suis libérée de mon anxiété et que oui, on peut s’en libérer, je ne veux pas dire qu’on peut la faire disparaître et que je n’en vis plus. La vie est faite de hauts et de bas, et il est NORMAL d’être anxieuse parfois. Ce que je dis, c’est que je sais aujourd’hui comment l’accueillir, qu’elle n’est plus paralysante et que je sais qu’elle ne fait que passer. Du coup, elle ne me pose plus de problème, elle est devenue quelque chose de normal…
Je sais que si je n’avais pas découvert la théorie polyvagale et la bonne thérapeute pour moi, j’aurai pu continuer comme ça longtemps, en allant chercher des réponses par ci, par-là, partout sur le net, les réseaux sociaux, dans des livres ou des podcasts… Le développement personnel m’a aidée sur certaines choses, mais j’avoue, pas sur celle-là !
Donc d’abord on s’occupe du corps, et ensuite du mental. Sinon, ça ne marche pas. Ou peu. Ou pas longtemps.
Accepter que ça prend du temps
Même si tu as bien compris tout ce que j’ai essayé de t’expliquer, il faut savoir que cela prend du temps.
Je sais bien qu’aujourd’hui, tout va très vite, mais la guérison, surtout après des années ou des décennies de blocage, ne se fait pas en un claquement de doigts.
C’est d’ailleurs ce qui m’a pris le plus de temps : accepter que les choses se fassent lentement, petit pas par petit pas, et qu’il n’existait pas de solution magique à mon problème d’anxiété.
Moi, ce que je voulais, c’était savoir COMMENT faire, c’était des OUTILS, et vite en plus !
Alors que la guérison, comme je te l’ai expliqué, elle passe par le corps, par le ressenti, par la douceur.
Et quand on a passé 40 ans de sa vie à ne pas écouter son corps, à le faire passer au second plan, à ne pas le respecter et même à le détester, rien n’est immédiat.
Cela demande du courage, de la compréhension, de la patience. Et de trouver le bon professionnel pour nous, aussi, celui avec qui ça passe bien, et dont l’approche nous parle.
Mais oui, c’est tout à fait possible : j’y suis arrivée, tu peux y arriver aussi !
Accepter son anxiété
La guérison passe aussi par l’acceptation de son anxiété (oui, je sais, ça pique…).
Je veux dire par là que comme elle nous cause des souffrances, et qu’en plus, on se sent seule (et parfois désespérée), on peut avoir tendance à voir l’anxiété comme l’ennemi à abattre, le nuisible à éradiquer.
Sauf que c’est totalement contre-productif. L’anxiété est un indicateur, un message, qui est là pour te protéger et te maintenir en vie.
Ce sont ses conséquences qui sont désagréables / insupportables.
Plus tu vois l’anxiété comme ton ennemie jurée, plus tu entretiens la spirale de « l’anxiété est un danger », plus tu te mets en alerte et plus tu la fais grandir.
La libération de l'anxiété se fait en arrêtant
de lui donner autant d'importance et de vouloir la faire taire
Donc oui, tu es anxieuse.
Oui, il y a des choses que tu ne peux pas faire POUR LE MOMENT.
Oui, tu paniques parfois. Et tu peux même avoir l’impression de faire une crise cardiaque.
Oui, ce que tu vis est vrai, c’est réel, CE N’EST PAS DANS TA TÊTE et tu es en souffrance.
Et tu as le droit.
Mais tu peux aussi ne plus la combattre, accepter qu’elle soit là, que tu mets des choses en place, que tu apprends à ton corps à se réguler de mieux en mieux et que même si elle revient (parce qu’elle reviendra), tu sauras que ce n’est que passager, et tu sauras retrouver un sentiment de sécurité en toi.
Petit à petit, cette anxiété sera moins forte, moins souvent présente, moins longtemps. Elle perdra en intensité.
Et c’est là qu’est la véritable délivrance !
Voilou ce que je tenais à te dire pour répondre à ta question « Est- ce que je peux « guérir » de mon anxiété ? ».
Oui, tu peux, en apprenant à te connaître, en comprenant ton fonctionnement et celui de ton corps, en faisant les choses dans l’ordre et avec du temps et de la douceur.
Si aujourd’hui tu souffres d’anxiété, sache donc :
- Que tu n’es pas seule
- Que des solutions existent
- Que des personnes te comprennent et voient ta souffrance
- Que tu peux t’en libérer.
Si tu souhaites un coup de pouce pour y arriver, contacte-moi en cliquant ici et on en parlera tranquillement ensemble.
Je te dirais si je peux t’accompagner, et tu verras si le « feeling » passe bien avec moi.
Avec toute mon affection,
Emma