Ta souffrance compte même s’il y a pire ailleurs

Femme qui n'ose pas

Dans mon entourage proche se trouve une personne qui souffre d’un cancer.
Et lorsque je lui parle, je me suis rendue compte que c’était souvent de la pluie et du beau temps, de la maison, du chat, et autre superficialités…

Je ne me suis jamais autorisée par exemple à lui parler de mon anxiété ou des tsunamis que provoque la péri ménopause en moi.
Comme si parler de ma santé mentale ou émotionnelle ne faisait pas le poids et n’avait aucune importance face à un cancer.

Quand je me suis rendue compte de ça, je me suis interrogée.
Et si chaque douleur méritait d’être entendue, peu importe sa gravité, son origine ou ce que vivent les autres ?

J’ai donc décidé de t’en parler ici. Pour t’aider à comprendre pourquoi tu as le droit de dire que tu souffres. Sans culpabilité. Sans te comparer. Parce que ta souffrance est légitime, point.

La souffrance n'est pas une compétition

Pourquoi on s'empêche de dire qu'on souffre ?

L'influence de l'éducation et de la société

Depuis toute petite, on nous a enseigné à minimiser nos souffrances.

Si je te dis des phrases comme :

  • « Mais arrête de pleurer pour un rien ! »
  • « Oh la la, mais y’a bien pire dans la vie ! »
  • « Y’a des enfants qui meurent de faim dans le monde ! »

est-ce que ça ne te rappelle rien ?
Je suis sûre que tu les as déjà entendues.

Et ces phrases, même si elles sont communes, sculptent notre manière d’aborder la douleur et les émotions.

La société glorifie également la résilience et le stoïcisme à outrance. A tel point qu’on a souvent l’impression que pour être légitime dans nos émotions, il faudrait avoir vécu une tragédie absolue. Et que si ce n’est pas le cas, on a juste le droit de se taire.

Avoir « juste » le cœur brisé, être épuisée mentalement ou ressentir une perte de sens dans sa vie ne semble pas suffisant pour avoir le droit de s’exprimer.

Les peurs qui nous paralysent

De nombreuses peurs nous retiennent d’exprimer nos maux intérieurs.
Par exemple, la peur d’être perçue comme trop sensible (et de passer pour une chochotte !).
Ou celle de passer pour une personne négative. Ou même la peur de paraître ingrate.
On a peur d’être jugée si on s’exprime.

Alors, bien sûr, je ne suis pas en train de dire qu’il faut se plaindre sans arrêt. C’est un comportement très pénible pour soi et pour les autres.

Mais c’est comme pour tout : les extrêmes n’ont rien de bon, et ce n’est pas mieux d’en arriver à avoir peur de s’exprimer librement.

En plus, on n’a pas besoin des autres pour nourrir nos peurs : on a aussi, toutes seules comme des grandes, peur de déranger, de peser sur nos proches, de leur transmettre notre tristesse ou notre anxiété. Alors on prend sur soi, on se tait et on s’isole en se disant qu’on n’a pas le droit de se plaindre.

Les impacts de ce silence

L'accumulation émotionnelle

Quand on garde tout pour soi, on empile, on empile… jusqu’à ce que tout explose. C’est un peu comme une cocotte-minute sans soupape de sécurité. Plus on retient, plus la pression monte, et un jour, ça déborde. Ça peut se traduire par une grosse crise de larmes inexpliquée ou une explosion de colère.

C’est aussi souvent ce qui se passe avec l’anxiété : elle se pointe, parfois un peu violemment, dans un moment où on ne s’y attend pas du tout et où tout va apparemment bien.

Les émotions ne disparaissent pas parce qu’on refuse de les voir. Elles s’enfouissent, elles s’ancrent dans le corps, elles deviennent des tensions, de la fatigue, des douleurs inexpliquées. À force de ne pas exprimer ce qui ne va pas, on finit par en payer le prix, souvent de manière bien plus brutale.

L'isolement

À force de ne rien dire, on finit par se couper des autres. On se persuade que personne ne pourrait comprendre ce qu’on traverse, ou pire, que tout le monde s’en fiche. Alors, on s’enferme dans notre monde intérieur, on se referme sur nous-mêmes. Et plus on se tait, plus on se sent seule, piégée dans une souffrance qu’on pense devoir affronter en silence.

Or, le partage, l’échange, l’écoute sont essentiels pour alléger le poids des émotions. Parler de ses souffrances permet souvent de se rendre compte qu’on n’est pas seule, que d’autres ressentent la même chose, que nos émotions ont du sens.

La culpabilité

Se sentir mal, c’est déjà difficile. Mais ressentir, en plus, de la culpabilité d’aller mal, c’est une double peine. On s’en veut de ne pas être plus forte, de ne pas être plus positive, de ne pas être capable de « relativiser ».

Et ce discours intérieur est toxique. Il empêche toute forme de bienveillance envers soi-même. On finit par se juger plus durement que n’importe qui d’autre. On ne ferait jamais ça à une amie en souffrance, alors pourquoi se l’inflige-t-on à nous-mêmes ?

L'épuisement mental et physique

Se retenir d’exprimer ses émotions, c’est stocker de plus en plus de poids en soi. Et à force, ça use.
Ça épuise mentalement, émotionnellement, et même physiquement. Le stress accumulé peut provoquer des insomnies, des douleurs musculaires, une fatigue inexpliquée. Le corps parle quand on refuse d’écouter son cœur.

Au final, se taire, c’est s’infliger une souffrance supplémentaire. Accepter de dire qu’on va mal, c’est déjà commencer à aller mieux. Ce n’est pas une faiblesse, c’est une force. Une preuve de courage et d’authenticité.

Tu l’as compris, te retenir de dire que tu souffres n’est absolument pas bénéfique pour toi, pour ton équilibre, pour ton corps, pour ton mental.
Il n’y a pas de souffrances plus importantes que d’autres.
Et ce n’est pas parce que tu exprimes la tienne que tu nie ou minimise celle des autres.
Tu as le droit de souffrir, et tu as le droit de le dire.

S'autoriser à exprimer ce qu'on ressent

S'accorder le droit de souffrir

Accepter que notre souffrance soit légitime SANS LA COMPARER

On a souvent tendance à comparer notre souffrance, quelle qu’elle soit, à celle des autres.
Et à se dire que, finalement, ce qu’on ressent n’est pas assez grave pour qu’on ait le droit (qu’on se donne le droit) d’en parler.
Comme si certaines souffrances avaient le droit d’exister et d’autres pas.

On se dit :
« Oui, je vais mal en ce moment, mais j’ai un toit sur la tête et je mange à ma faim »
« Il y a des gens qui vivent bien pire ! »

J’ai envie de dire… Oui, et alors ?

Est-ce que parce que tu as un toit et à manger, tu n’as pas le droit de te sentir mal ?
Est-ce que seuls les besoins physiologiques sont importants et comptent ?
Est-ce que parce que ton voisin est au chômage, tu devrais culpabiliser de faire un burn out dans ton boulot ?
C’est absurde ! La souffrance n’est pas un concours où seules les pires expériences méritent d’être entendues !

Et surtout, je le répète, ce n’est pas parce que tu exprimes une souffrance que tu invalides celle des autres !

Accepter que ta souffrance est légitime, c’est aussi t’autoriser à être humaine, à te sentir vulnérable sans culpabilité. Et c’est à travers cette reconnaissance (par toi, par les autres) que tu pourras commencer à guérir, sans t’empêcher d’exprimer ce qui se passe en toi.

S'autoriser à souffrir, c'est aussi s'autoriser à guérir

Beaucoup de personnes ont peur de reconnaître leur souffrance et de l’exprimer parce qu’elles pensent qu’en faisant ça, elles vont lui donner plus de place, et se faire engloutir, enfermer à l’intérieur.

Mais en réalité, c’est en luttant contre que ça l’amplifie.
Accepter qu’on souffre, s’autoriser à le verbaliser, c’est justement le premier pas pour avancer et aller mieux.

Changer de regard sur l’expression de ses émotions

S’exprimer ne veut pas dire se plaindre en boucle, mais se libérer

L’un des freins qui nous empêche de dire ce qu’on ressent, c’est la peur d’être perçue comme une personne qui se plaint tout le temps.
Et c’est vrai que ce genre de personnes est difficile à supporter. Je les fuis moi-même dès que possible !

Mais il y a une énorme différence entre se plaindre sans fin et exprimer ce qu’on ressent pour avancer.

Se plaindre en boucle, c’est rester bloquée dans une posture où on répète sans cesse ce qui ne va pas, sans chercher à comprendre ni à apaiser les choses, sans tenter d’y changer quelque chose. Le plus souvent, c’est se positionner (parfois inconsciemment) en victime.

Exprimer ses émotions, au contraire, c’est mettre des mots sur ce qu’on traverse pour pouvoir le digérer et aller de l’avant. C’est agir avec ce qu’on ressent.

Parler, écrire, extérioriser, c’est une manière de relâcher la pression au fur et à mesure pour éviter d’en arriver à l’explosion.

Dire ce qu’on ressent ne fait pas de nous une personne ingrate

Autre croyance bien ancrée : si on parle de nos difficultés, c’est qu’on manque de gratitude. Comme si être reconnaissante pour ce qu’on a et éprouver de la souffrance étaient incompatibles.

Or, ce n’est pas parce que tu as un toit sur la tête que tu n’as pas le droit de traverser des moments de détresse. Ce n’est pas parce que tu as une famille que tu ne peux pas te sentir seule parfois. Ce n’est pas parce que tu es en bonne santé que tu n’as pas le droit de ressentir du stress, de la fatigue ou du découragement.

Exprimer sa souffrance ne signifie pas qu’on renie tout ce qu’on a de beau dans notre vie. On peut être lucide, reconnaissante ET en difficulté. On peut aimer notre entourage ET avoir des blessures à panser. L’un n’annule pas l’autre.

Reconnaître qu’on souffre n’est pas être faible

Beaucoup de femmes qui ont appris à être fortes pour les autres associent l’expression de la souffrance à une forme de faiblesse. Comme si, en disant « je vais mal », elles risquaient de perdre en crédibilité, d’être perçues comme vulnérables, fragiles, voire incapables de gérer leur vie.

Mais la vraie force ne réside pas dans le silence ou le déni. La vraie force, c’est d’avoir le courage de regarder sa souffrance en face, de l’accepter et de décider quoi en faire.

Trouver des espaces et des personnes bienveillantes pour en parler

Apprendre à choisir à qui on se confie pour éviter les jugements toxiques

L’une des raisons pour lesquelles on peut aussi avoir du mal à parler de ce qu’on ressent, c’est qu’on a parfois eu de mauvaises expériences par le passé.

Si un jour, tu as essayé de te confier et que tu as eu en retour des phrases du style :
« Oh ça va, c’est pas si grave ! »
« Arrête de dramatiser ! »
« Mais c’est rien, ça… »

alors ça a du être douloureux, et certainement que ça t’a donné l’impression d’avoir eu tort d’exprimer ce que tu ressentais.
Du coup, naturellement, ça te pousse à te renfermer sur toi et à garder ce que tu ressens à l’intérieur.

C’est pour ça qu’il est important de choisir les bonnes personnes avec qui partager tes émotions. Tout le monde n’a pas la capacité d’accueillir la souffrance des autres avec bienveillance, et ce n’est pas grave.
L’essentiel est de se tourner vers celles et ceux qui sauront entendre sans juger, sans minimiser, sans chercher à nous culpabiliser.

Important :

Si tu n’as pas encore trouvé ces personnes dans ton entourage,
sache qu’il existe d’autres espaces pour s’exprimer.

Explorer des moyens d’expression variés

Parfois, parler à quelqu’un de son entourage peut sembler trop difficile. Mais il existe d’autres manières de donner une place à nos émotions sans les refouler.

L’écriture : Poser ses pensées sur le papier, tenir un journal, écrire des lettres qu’on ne poste jamais… L’écriture est une incroyable soupape pour mettre des mots sur ce qu’on vit et se sentir plus légère.
La thérapie ou le coaching : Un espace sûr, où l’on peut déposer son ressenti sans crainte d’être jugée, tout en étant accompagnée pour mieux comprendre et transformer ce qu’on traverse.
Les cercles de parole ou groupes de soutien : Parler à des personnes qui vivent des expériences similaires peut être extrêmement libérateur. Se sentir comprise et entourée permet de briser l’isolement et d’accueillir ses émotions avec plus de douceur.

Peu importe le moyen que tu choisis, l’essentiel est de ne plus rester seule avec ce que tu ressens. Ta souffrance a le droit d’exister. Et tu as le droit d’en parler, sans honte ni culpabilité.

Voilà ce que je souhaitais te dire aujourd’hui sur le fait de ne pas hésiter à t’exprimer si tu ressens une quelconque forme de souffrance en toi.

Personne ne devrait garder pour lui ce qui lui fait du mal. Et c’est dans le lien à l’autre que l’on trouve du réconfort.

Donc STP, n’hésite pas à te confier. Car tu n’es pas seule. Et tu n’es pas seule à ressentir ce que tu ressens.

Avec toute mon affection,

Emma

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